Les Piscines de Jules : « Je veux gérer mon chantier de A à Z »

Il a troqué la végétation contre le béton, les parterres contre les plages, sans jamais vraiment quitter le jardin. Jules Girerd, fondateur des Piscines de Jules à Perreux (Loire), incarne une certaine idée du métier, celle d’un artisan qui préfère un chantier bien fait à trois chantiers bâclés, et qui a fait de son prénom une marque de confiance.

Du paysage à la piscine, le bon glissement

Jules Girerd est titulaire d’une licence d’aménagement paysager. Mais les projets verts, toujours similaires, finissent par le lasser. C’est en faisant une alternance chez un piscinier qu’il trouve sa voie, ou plutôt son bassin. « L’aménagement de piscines, ça m’a tout de suite plu. C’est du paysage, mais avec une dimension technique qui change tout ». Il s’associe à ce confrère, apprend le métier de l’intérieur pendant huit ans, puis rachète ses parts. Il y a onze ans, il crée Les Piscines de Jules. Le nom, d’ailleurs, est presque un accident. L’enseigne s’appelait Magiline mais « les clients disaient déjà Les piscines de Jules entre eux ». Une façon de dire que la marque, ici, c’est avant tout un homme.

Une structure familiale, volontairement à taille humaine

Aujourd’hui, l’entreprise compte sept collaborateurs, bientôt huit avec l’arrivée d’un apprenti en septembre prochain. La sœur de Jules gère l’administration, les devis et le magasin. Lui est sur le terrain et s’occupe des rencontres clients et du suivi des chantiers. Une organisation rodée, dans laquelle chacun connaît son rôle mais où tout le monde sait tout faire. Chaque soir, les équipes envoient un rapport de chantier. Jules peut suivre l’avancement à distance, sans être présent partout. Grossir ? Pas question.
« Je ne veux pas dépasser dix personnes. Au-delà, je ne peux plus gérer mes chantiers comme je l’entends ». La croissance, il la préfère lente et maîtrisée. Et les résultats lui donnent raison : la structure n’a pas connu la baisse de commandes qui a touché d’autres pisciniers. « On est complets jusqu’en septembre, et on a déjà deux projets signés pour la rentrée. C’est un soulagement ».

La qualité comme seul positionnement

Les Piscines de Jules interviennent principalement sur le secteur roannais, jusqu’en Saône-et-Loire et un peu vers Lyon. La clientèle est essentiellement propriétaire de résidences secondaires, de châteaux, de grandes demeures et de maisons de caractère. Un créneau moyen-haut de gamme, assumé. « Je préfère faire une belle piscine que trois moyennes. Ce n’est pas une posture, c’est une conviction ». Le bouche-à-oreille est le seul canal commercial qui compte vraiment : « les clients viennent parce que quelqu’un leur a parlé de nous. C’est la meilleure des publicités ». Autre point de différenciation : zéro sous-traitance, du terrassement au gazon. « Je veux gérer mon chantier de A à Z. Du trou jusqu’à la margelle, c’est nous. Je ne veux pas que d’autres personnes interviennent ». Une exigence qui implique polyvalence et organisation, mais qui garantit aussi une cohérence totale sur le SAV.

L’effet bassin s’impose

Le format le plus demandé ? Du 9 × 4 mètres et surtout l’effet bassin avec de grosses margelles en pierre naturelle, pas de plage bétonnée mais du gazon jusqu’à l’eau. « Une piscine sur deux part sur ce modèle maintenant. C’est une vraie tendance de fond ». Jules fait aussi l’aménagement paysager autour, cohérence oblige. Côté technique, les clients veulent des bassins économes. Moins de profondeur, un fond plat, un volume d’eau réduit… Autant de leviers pour diminuer filtration et consommation électrique. Les volets à lames en polycarbonate se généralisent. Les équipements deviennent de plus en plus autonomes : filtres à éléments, pompes à vitesse variable.
« Les gens qui font faire une piscine ont les moyens d’y mettre de l’argent. Ils veulent que ça tourne tout seul ». Autre évolution marquante, le rapport construction-rénovation s’est inversé. « Quand je me suis mis à mon compte, c’était une rénovation pour deux ou trois constructions. Aujourd’hui, c’est l’inverse ! » Et pour l’avenir ? « Ce qui ne changera pas, c’est le côté humain, le relationnel. C’est pour ça que je fais ce métier ». Les projets loufoques, ceux avec des contraintes techniques improbables, restent ses préférés. « J’aime quand il faut se triturer l’esprit. Les chantiers trop simples, ça ne m’intéresse pas vraiment ».

Une piscine, finalement, ça ressemble à son créateur, sobre en surface mais exigeante dans ses fondations. 

Propos recueillis par Fanny Pincanon – Photos : Les Piscines de Jules

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