Piscine connectée : de la mesure à l’automatisation globale / Edouard Petitjean

La piscine connectée s’impose aujourd’hui comme un écosystème en pleine structuration, où les équipements ne se limitent plus à une simple automatisation mais tendent vers une gestion globale, intelligente et coordonnée du bassin. À travers les entretiens que nous avons réalisés avec CCEI, Hayward, Pentair et Pool Technologie, ce dossier met en lumière une évolution commune : celle d’une piscine qui analyse, anticipe et optimise en continu ses propres paramètres, de l’hydraulique au traitement de l’eau en passant par l’énergie et la supervision à distance.    

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Edouard Petitjean,

Directeur de l’Offre Pool Technologie

« Aujourd’hui 70  % de nos équipements sont déjà connectables »


Edouard Petitjean, Directeur de l’Offre chez Pool Technologie, décrypte les évolutions majeures d’un secteur en pleine mutation. Entre intelligence des équipements, fiabilité des systèmes et exigences croissantes de sobriété, il revient sur les nouveaux équilibres qui redessinent la piscine connectée, ainsi que sur le développement de la télégestion et du pilotage à distance, désormais au cœur des usages des professionnels comme des usagers.  

Dans quelle mesure la technologie UV/ULS® s’intègre-t-elle aujourd’hui dans une logique de piscine automatisée et connectée, et en quoi participe-t-elle à l’optimisation globale du traitement de l’eau ?

La technologie ULS® (Ultra Low Salt®) et le traitement par UV ne sont pas des solutions de connectivité à proprement parler, mais elles s’inscrivent pleinement dans une logique de piscine automatisée et connectée en tant que briques essentielles du traitement de l’eau.

L’ULS® repose sur une électrolyse fonctionnant à très faible teneur en sel, autour de 0,5 g/L, contre 4 à 5 g/L pour les systèmes classiques. Cette réduction importante de la salinité limite les phénomènes de corrosion et répond également à des enjeux environnementaux de plus en plus présents. Le traitement par UV, quant à lui, assure une désinfection physique de l’eau en éliminant bactéries, micro-organismes et algues au passage dans un réacteur dédié. Ces deux technologies éprouvées se retrouvent associées dans un réacteur unique. Combinées, ces deux technologies permettent d’obtenir un traitement particulièrement équilibré : l’UV assure une désinfection immédiate de l’eau, tandis que l’électrolyse garantit une rémanence de chlore dans le bassin. L’ensemble contribue à une eau plus saine, plus douce, avec une réduction significative de l’usage de produits chimiques.

Ces technologies sont compatibles avec les solutions connectées et sont pleinement intégrables dans un écosystème global de régulation et de pilotage automatisé (MyIndygo), où l’ensemble des paramètres de l’eau sont analysés et coordonnés pour optimiser en permanence le traitement du bassin.

Le Poolsquad® UV, appareil hybride UV/ULS
couplé à une régulation pH / © Pool Technologie

Plus globalement, comment la piscine connectée transforme-t-elle la gestion de la qualité de l’eau, du traitement à la régulation automatique ?

La clé d’un traitement efficace repose sur une adaptation permanente aux conditions réelles d’utilisation de la piscine. Température, fréquentation, équilibre chimique ou encore temps de filtration évoluent en permanence, et le système doit pouvoir s’y adapter. Historiquement, les équipements fonctionnaient de manière automatisée mais indépendante : la filtration d’un côté, le traitement de l’autre. Cette absence de coordination pouvait entraîner des déséquilibres, voire des surconsommations de produits. La piscine connectée change complètement cette logique. Elle repose sur trois piliers complémentaires : l’analyse des paramètres de l’eau, l’automatisation intelligente des équipements, et enfin le pilotage et la télégestion à distance.

Mais surtout, elle introduit une coordination globale du système. Les équipements ne fonctionnent plus isolément, mais comme un ensemble cohérent prenant en compte la filtration, la désinfection, la température ou encore les niveaux de pH et de chlore. L’apport majeur est double : optimiser en permanence la qualité de l’eau en fonction des conditions réelles, et permettre une supervision continue avec des alertes et des actions à distance en cas de dysfonctionnement.

Cela transforme profondément l’approche : on passe d’un système réactif à un système prédictif et anticipatif.

En quoi vos solutions s’intègrent-elles dans un local technique
de plus en plus connecté et piloté à distance ?

Aujourd’hui, environ 70 % de nos équipements sont déjà connectables, avec un objectif clair d’atteindre 100 % d’ici deux ans. Tous nos segments de produits sont concernés : électrolyseur au sel, régulation et dosage chlore, régulation pH, générateurs de chlore off line, etc. L’intégration repose sur plusieurs technologies. Nous utilisons le Bluetooth dans notre protocole IPX afin d’interconnecter nos appareils de traitement dans la solution de piscine connectée MyIndygo. Cette technologie permet de réaliser une connexion sans fil de manière simple et rapide. Le Bluetooth nous permet également de disposer d’une connectivité locale utilisée pour la maintenance et les mises à jour des appareils. Nous utilisons également le protocole Modbus, pour réaliser des intégrations filaires sur des solutions tierces de piscine automatisée et connectée. Ces technologies permettent d’intégrer les équipements dans des solutions globales comme MyIndygo, un écosystème modulaire de gestion du local technique. Celui-ci permet de piloter la filtration, l’éclairage, le chauffage ou encore le remplissage automatique, tout en ajoutant des modules complémentaires comme la détection de bidon vide ou le suivi de consommation énergétique. Pour les utilisateurs finaux, cela signifie un pilotage complet et intelligent de leur installation.

Pour les professionnels, MyIndygo va encore plus loin avec une fonction de gestion de parc qui est sans doute la plus aboutie du marché. Ils peuvent superviser plusieurs piscines, recevoir des alertes en temps réel, accéder à l’historique des données et gérer la maintenance de manière centralisée. Depuis l’année dernière, cette télégestion est également disponible sur mobile, ce qui permet une intervention et un diagnostic à distance, directement depuis le terrain.

L’application myindigo / © Pool Technologie

Entre automatisation, fiabilité et hygiène de l’eau, quelles sont selon vous les prochaines évolutions majeures du traitement de piscine ?

La vision de Pool Technologie repose sur deux grands axes complémentaires.

Le premier est l’intelligence des équipements. Les systèmes doivent être capables de s’adapter automatiquement à des conditions d’exploitation très variables, notamment à l’échelle internationale, où les contextes climatiques et réglementaires diffèrent fortement.

Le deuxième axe est la sobriété et l’éco-responsabilité. Les solutions de demain devront optimiser encore davantage la consommation d’eau et de produits chimiques, en dosant uniquement ce qui est nécessaire et en adaptant en permanence le traitement aux besoins réels du bassin.

Des technologies comme l’autonettoyage intelligent des cellules en fonction de la dureté de l’eau illustrent déjà cette tendance.

Cependant, ces évolutions ne doivent pas être réalisées au détriment de la fiabilité. C’est un point fondamental : aucune innovation ne peut se faire aux dépens de la robustesse des équipements. Pas d‘innovation gadget. La priorité reste toujours de garantir des systèmes fiables, performants et durables. L’enjeu global est clair : proposer des piscines plus intelligentes, plus sobres et plus simples à gérer, tout en renforçant la relation entre fabricants, professionnels et utilisateurs.

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