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Le redox : un indicateur de concentration avant tout

par laurence

Tous les fabricants de systèmes de désinfection proposent aujourd’hui un analyseur redox, associé ou non à un régulateur de pH. Mais qu’est-ce que le redox ? Pourquoi l’utilise-t-on en piscine et que permet-il réellement de mesurer ? Décryptage.

Texte : Sébastien Carensac

Qu’est-ce que le redox ?

Le redox pour REDucteur et OXydant, est une réaction chimique entre deux éléments au cours de laquelle le premier élément va perdre un électron (réduction) au profit du second (oxydation).
Dans une piscine, l’état de l’eau varie en permanence au gré de ces réactions redox (échanges d’électrons) entre des oxydants (oxygène, ozone, chlore, peroxyde d’hydrogène…) et des réducteurs (urée, sueur, polluants extérieurs…).
Il suffit de mesurer ces déplacements d’électrons pour obtenir le potentiel de désinfection de l’eau de la piscine ou potentiel redox (ORP en anglais pour Oxidation-Reduction Potential). Plus sa valeur est importante, plus l’eau est oxydante et contient du désinfectant.

Les limites du redox

La mesure du redox ne permet pas de connaître la teneur en désinfectant d’une piscine. Le redox est un indicateur de concentration et n’est donc pas un indicateur de quantité de désinfectant (ex : chlore libre). Elle permet d’en contrôler l’ajout (augmentation de sa concentration ou arrêt) et non pas d’en garantir un taux constant. Pour quantifier le taux d’un désinfectant, il faut une analyse ampérométrique (cf. Directive Technique Piscine n°15 remplacée par l’accord AFNOR AC P90-330), réservée à des appareils très haut de gamme.
D’autre part, de nombreux éléments, autres que le désinfectant, peuvent faire varier le redox. Sa valeur peut en effet changer en fonction des paramètres de la piscine, de facteurs extérieurs et selon le moment de la journée : composition physico-chimique de l’eau (différente selon chaque région voire chaque piscine), des apports en eau (sels minéraux dans les eaux de pluies, phosphates dans les eaux de captage…), valeur du pH, taux de stabilisant (s’il est trop élevé, il rend la mesure du redox aléatoire), etc. En outre, chaque ajout de produit oxydant influence la mesure du redox.  Avec un même équilibre d’eau, il est donc possible d’avoir des lectures différentes du redox.

Pourquoi utiliser le redox en piscine ?

Le redox est un bon indicateur de la concentration d’un désinfectant car il permet de réduire ou d’augmenter son injection ou sa production. Analyser le redox va donc servir à éviter les surdosages ou sous-dosages et ainsi limiter les inconvénients d’un ajout non contrôlé de désinfectant sur la qualité de l’eau, le confort de baignade et les équipements.
L’analyse redox s’est démocratisée avec le développement du marché des volets depuis 2004 et plus récemment, avec celui des pompes à chaleur. Le redox apporte des solutions aux problèmes liés à la fermeture des volets et à l’augmentation de la température des piscines tant en termes de prix que de concentration en désinfectant. D’autant que le besoin de précision sur le niveau de chlore n’est pas le même dans un bassin privé que dans une piscine publique où l’analyse ampérométrique est souhaitable et les budgets différents.

Analyser et équilibrer l’eau d’une piscine avant tout

Après le remplissage d’une piscine et avant toute remise en route, il est essentiel d’analyser l’eau et de l’équilibrer pour qu’elle ne soit ni corrosive ni entartrante et que le désinfectant soit le plus efficace possible dans sa plage de fonctionnement :

le pH : Il est indispensable d’adapter le réglage de la consigne à l’environnement de la piscine et recommandé de coupler l’analyseur à un régulateur de pH afin d’éviter des variations trop importantes du redox (environ 100 mv entre 7,2 et 7,5).

le TAC (taux d’alcalinité) : Plus l’eau se déminéralise, plus le TAC s’appauvrit ce qui peut influencer la qualité des mesures des sondes pH et redox voire générer des problèmes de corrosion. Il peut donc être nécessaire de la reminéraliser.

le taux de stabilisant : Entre 20 et 40 ppm, la lecture redox sera stable. Au-delà, la teneur en stabilisant fera varier sa valeur.

Une fois ces différents paramètres équilibrés, il faut mesurer le redox à l’instant T, définir la valeur relevée comme point de consigne (autour de 650 mv en moyenne) et l’ajuster dans le temps pour l’adapter à la piscine du client.

Rappel : attention, les paramètres de l’eau évoluent à chaque ajout d’un produit.


Comment se mesure-t-il ?

Le potentiel redox se mesure en millivolts (mv), et non en ppm (il n’existe pas de correspondance entre mv et ppm), au moyen d’une sonde, d’une carte électronique et d’algorithmes. L’évolution des algorithmes a permis d’intégrer de nombreux paramètres et, en conséquence, d’ajouter de la qualité aux mesures. Il existe divers types de sondes avec différentes qualités selon les fabricants.
Certains appareils se contentent de mesurer et de remonter l’information comme les flotteurs. D’autres sont reliés (seuls ou intégrés) à un système de traitement (pompe doseuse de chlore liquide, électrovanne d’un brominateur ou électrolyseur de sel).
On considère que la concentration est bonne quand le potentiel redox est autour de 650 mv. En dessous de cette valeur, sa capacité de désinfection est insuffisante et les bactéries ne sont pas correctement éliminées. Au-dessus, la concentration est trop forte, on est en surdosage.

Les avantages du redox

La mesure du redox s’avère « largement nécessaire et indispensable » pour les piscines des particuliers et dans quasiment tous les cas de figure (sauf cas d’eaux très spécifiques). En outre, elle permet de :
• 
Optimiser la consommation de désinfectant ou sa production en réduisant les risques de surdosage.
• Éviter la détérioration des équipements (décoloration, corrosion…) et les problèmes de garanties avec les fabricants.
• Réduire les « désordres » et faciliter les interventions des professionnels qui préfèrent une eau sous-chlorée, plus facile à arranger.
• Allonger la durée de vie de l’appareil et des cellules avec un usage plus adapté.
• Apporter du confort de baignade en évitant les surchlorations et ses désagréments.
• Limiter le besoin de support client et augmenter la satisfaction des clients.
• Générer des ventes supplémentaires (produits et matériels…) et de la récurrence dans les interventions (hivernage des sondes, réétalonnage et rééquilibrage de l’eau) tout en demandant moins d’entretien qu’une sonde ampérométrique.

Remerciements à Yves LESOUEF (Régul’Electronique) et Christophe BOUGREAU (Pool Technologie)

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