La piscine connectée s’impose aujourd’hui comme un écosystème en pleine structuration, où les équipements ne se limitent plus à une simple automatisation mais tendent vers une gestion globale, intelligente et coordonnée du bassin. À travers les entretiens que nous avons réalisés avec CCEI, Hayward, Pentair et Pool Technologie, ce dossier met en lumière une évolution commune : celle d’une piscine qui analyse, anticipe et optimise en continu ses propres paramètres, de l’hydraulique au traitement de l’eau en passant par l’énergie et la supervision à distance.

Découvrez les entretiens avec :
- Edouard Petitjean, Directeur de l’Offre Pool Technologie (en ligne le 17 juin)
- Stéphane André, Responsable marketing France chez CCEI Pool France (en ligne le 22 juin)
- Julien Echabé, Responsable développement produits chez Hayward (en ligne le 23 juin)
Découvrez également le regard de David Browarek ici
Sabrina Lebreton,
Responsable marketing stratégique chez Pentair
« La piscine connectée évolue vers une logique d’automatisation globale »

Sabrina Lebreton revient sur les grandes évolutions de la piscine connectée où hydraulique, énergie et automatisation convergent vers des systèmes toujours plus intelligents. De la pompe IntelliFlo3 VSF à la pompe à chaleur IntelliTemp, elle détaille les innovations qui transforment la gestion du bassin, entre optimisation des performances, gains énergétiques et recherche de durabilité.
Avec des équipements comme la pompe IntelliFlo3 VSF, comment Pentair fait évoluer la gestion de l’hydraulique vers plus d’intelligence et d’efficacité énergétique ?
Pentair est un précurseur sur les pompes à vitesse variable, et la pompe IntelliFlo3 VSF en est aujourd’hui l’aboutissement avec une approche centrée sur le pilotage du débit. Contrairement aux pompes traditionnelles, on ne fixe plus une vitesse de fonctionnement, mais un débit cible adapté aux besoins du bassin : filtration continue, lavage, ou usages spécifiques. La pompe ajuste ensuite automatiquement sa vitesse pour maintenir ce débit.
Cela permet de s’affranchir des variations du système hydraulique. Par exemple, lorsque le filtre s’encrasse ou que les pertes de charge évoluent, une pompe classique voit son débit diminuer. Ici, la pompe compense automatiquement en adaptant sa vitesse, garantissant en permanence une filtration optimale. Cette gestion dynamique permet d’optimiser à la fois la qualité de l’eau et la consommation énergétique, avec des gains pouvant atteindre jusqu’à 90 % par rapport à une pompe traditionnelle.
Par ailleurs, l’IntelliFlo3 VSF bénéficie d’un design hydraulique entièrement repensé et optimisé grâce aux outils de conception actuels, ce qui améliore encore son rendement. La connectivité vient compléter l’ensemble en apportant du confort d’usage et des possibilités de pilotage à distance. Enfin, elle intègre une première brique d’automatisation, en permettant de piloter certains équipements. Sans se substituer à un système complet, elle constitue une première étape vers une gestion plus intelligente du bassin.

La pompe devient-elle un élément central de la piscine connectée ?
La pompe a toujours été centrale, car elle est le cœur de la filtration, qui conditionne directement la qualité de l’eau.
En revanche, elle ne remplace pas un système d’automatisation complet. Elle peut constituer un premier niveau d’équipement connecté, en permettant de piloter certains appareils, mais cela reste une approche simple.
Aujourd’hui, la véritable intelligence du bassin repose davantage sur une gestion globale d’automatisation ou éventuellement via le traitement d’eau automatisé. La pompe participe à cet écosystème, mais elle n’en est pas le seul pilote.
Avec la pompe à chaleur IntelliTemp, la gestion de la température devient-elle un levier d’optimisation globale ?
La température est un paramètre clé, car elle impacte directement les besoins en filtration et la consommation énergétique. Avec la pompe à chaleur IntelliTemp, l’enjeu est d’optimiser en permanence son fonctionnement en prenant en compte plusieurs paramètres : température de l’air, de l’eau, humidité et surtout débit.
Traditionnellement, ce débit est réglé manuellement via un bypass, qui reste rarement ajusté au fil de la saison. Résultat : les performances ne sont pas toujours optimales. Ici, le système automatise ce réglage grâce à une vanne interne qui ajuste en continu le débit idéal.
On maintient ainsi un rendement optimal quelles que soient les conditions, avec à la clé jusqu’à 20 % d’économies d’énergie supplémentaires.

Comment concilier performance, connectivité et durabilité des équipements ?
La durabilité est aujourd’hui un enjeu majeur. Les pompes à vitesse variable y contribuent directement, car elles fonctionnent en continu à faible vitesse, ce qui limite les contraintes mécaniques liées aux cycles marche/arrêt. Au-delà de la pompe, c’est toute l’installation qui en bénéficie : moins de pression dans le circuit, une filtration plus régulière, un dosage plus précis des produits… Tout cela réduit l’usure des équipements.
L’objectif est simple : apporter la bonne quantité, au bon moment. Cette logique permet à la fois d’améliorer la performance globale et de prolonger la durée de vie de l’ensemble du système.
Plus largement, comment voyez-vous évoluer la piscine connectée dans les prochaines années ?
La piscine connectée évolue vers une logique d’automatisation globale, où tous les équipements fonctionnent de manière coordonnée. L’idée est de sortir d’un fonctionnement par actions ponctuelles pour aller vers une gestion continue et optimisée : dosage des produits, vitesse de filtration, chauffage… tout est ajusté en permanence en fonction des besoins réels du bassin.
Cela permet d’éviter les à-coups — surdosage, sous-filtration, cycles inadaptés — et d’obtenir une eau plus stable, un meilleur confort et des économies d’énergie. La connectivité apporte en parallèle une dimension essentielle : la surveillance et le diagnostic à distance. Elle permet d’anticiper les dérives, d’intervenir plus rapidement et d’optimiser les interventions. Pour les professionnels, c’est aussi un gain d’efficacité important.
À terme, l’enjeu est de passer d’une simple juxtaposition d’équipements connectés à un véritable écosystème intelligent, capable de piloter l’ensemble du bassin de manière cohérente. Deux conditions seront essentielles pour accompagner cette évolution : la capacité des équipements à communiquer entre eux, et surtout la simplicité d’utilisation. C’est un point clé pour favoriser l’adoption, aussi bien par les installateurs que par les utilisateurs. L’objectif final reste le même : réduire l’impact environnemental tout en améliorant le confort et le plaisir d’utilisation.