À la tête de De Melo Piscines depuis quelques années, Aurélie De Melo a repris avec sa sœur Linda le flambeau allumé par leur père Joaquim il y a 38 ans. Une entreprise familiale ancrée à Saint-Jean-d’Illac en Gironde, qui a su traverser les cycles du marché sans jamais perdre son âme. Rencontre.

L’héritage, une force
C’est Joaquim De Melo qui a tout fondé, il y a près de quatre décennies, à deux pas de Bordeaux. Aujourd’hui, ses deux filles sont aux commandes. « On a repris les valeurs que notre père nous a transmises : le travail bien fait, la proximité avec les clients et l’accompagnement » explique Aurélie. Une quinzaine de collaborateurs, une clientèle de particuliers locaux et de propriétaires de résidences secondaires, des projets sur toute la Gironde et une ligne de conduite claire : « on veut évoluer, mais rester fidèles à notre identité familiale ».

De la construction à l’entretien : le suivi sur toute la durée
De Melo Piscines ne s’arrête pas à la pose du liner. L’entreprise accompagne ses clients à chaque étape de la vie d’un bassin : de la construction neuve à la rénovation complète, en passant par le remplacement d’anciennes piscines, l’entretien des équipements et le service après-vente. Et pour aller encore plus loin dans l’accompagnement, ils ont ouvert un petit magasin avec un laboratoire d’analyse de l’eau. « L’idée, c’est d’être là à chaque étape. Un client qui achète une piscine chez nous, on le suit dans la durée ».
Un client exigeant et parfois mal informé
La clientèle a changé. Les particuliers investissent toujours, la piscine reste un vrai projet de qualité de vie, mais leurs attentes ont évolué. « Les gens cherchent des professionnels de confiance. Le prix, c’est un critère, mais ce n’est plus le seul ». Ce qu’ils veulent surtout c’est que leur piscine ne soit pas une contrainte. Automatisation, gestion économe de l’eau et de l’énergie, équipements intelligents… Les propriétaires sont aussi de plus en plus sensibles aux questions de sécheresse et de consommation responsable. Mais il y a un revers. L’ère d’Internet a aussi généré son lot de « pool bashing » et de fausses croyances. « Certains clients arrivent avec des certitudes lues sur des forums ; il faut alors déconstruire, réexpliquer, rassurer. C’est chronophage, mais c’est notre rôle de conseiller au maximum » raconte la gérante.

Trois défis qui ne se règlent pas d’un coup de filet
Aurélie est lucide sur les difficultés du secteur. Elle en identifie trois, sans détour. Le recrutement d’abord. Trouver des techniciens qualifiés reste un casse-tête. La réglementation ensuite. Cette dernière évolue vite, trop vite parfois, et il faut s’adapter en permanence.
Et enfin, ces clients mal informés qui alimentent un rapport parfois méfiant au métier. « On fait face, mais ce sont des sujets qui demandent de l’énergie au quotidien ».
Une piscine intelligente, ou rien
Sur l’avenir du marché, Aurélie est confiante mais pas naïve. « La piscine a un avenir, c’est certain. Mais elle doit être intelligente, économe et responsable. Ceux qui ne s’adaptent pas vont décrocher ». Chez De Melo Piscines, le virage est pris. Les services complémentaires se développent, l’accompagnement global devient la norme, et une newsletter mensuelle faite d’actualités, de conseils, de mise en avant de produits, tisse le lien avec les clients entre deux saisons.
Autre tendance de fond qu’elle observe, la rénovation prend le pas sur la construction neuve. Les piscines vieillissent, les propriétaires veulent les remettre au goût du jour, les rendre plus performantes. « On ne creuse plus seulement des trous. On remet des bassins en vie ».

Propos recueillis par Fanny Pincanon – Photos : De Melo Piscines