Accueil StratégiePiscine et environnement Piscines et Bains (77) : « Plus tôt on s’y prend et plus vite on développe les bons gestes »

Piscines et Bains (77) : « Plus tôt on s’y prend et plus vite on développe les bons gestes »

par laurence

Pourquoi vous être engagé dans une démarche de réduction de votre empreinte écologique ? 

Pour nous la question s’est posée un jour que nous recevions notre appel de taxe foncière. Il s’élevait à 15  000 euros dont 5 000 pour le traitement des ordures ménagères. Nous avons également constaté que le service de collecte de la commune ne prenait pas tout et que nous devions payer quand même pour le surplus à évacuer.
Nous avons contacté les services techniques pour discuter avec eux. Ils nous ont expliqué que si nous leur fournissions la preuve que nous faisions collecter nos déchets par ailleurs, ils dégrèveraient le coût de la collecte du montant de notre taxe. Ce que nous avons fait.
Je me suis rapproché d’organismes collecteurs qui nous ont proposé de louer une benne de collecte et de nous facturer à la tonne nos déchets. Avec nos 15 tonnes de déchets annuels cela représentait un coût de 3 000 euros et non plus de 5 000. Nous avions déjà réalisé 2 000 euros d’économie.

Casiers pour matériel électrique, balles de film étirables, conteneur à cartons, papiers…

Ensuite, en analysant plus précisément nos déchets, nous avons remarqué qu’une partie d’entre eux pouvait être valorisée et recyclée sans coûts supplémentaires tout en nous évitant des évacuations de benne. La collecte des cartons et des films étirables est gratuite. Nous avons quelqu’un qui vient récupérer le bois et le recycle. Toute la ferraille part chez un ferrailleur. Pour les déchets électriques, nous avons un casier dans lequel nous les déposons et l’éco-organisme Ecosystem dont nous nous sommes rapprochés, vient le vider quand il est plein, soit, à peu près, deux fois par an. Ils emportent d’ailleurs les pompes à chaleur, puisque, contrairement aux ferrailleurs et en tant qu’organisme collecteur d’éco-contribution, ils ont l’obligation de récupérer les gaz et les fluides. Ils s’occupent ensuite de la valorisation de tous ces déchets. Avec 2 tonnes de cartons, 1 tonne de déchets électriques, des balles de plastique souple… nous n’avons pas de tarifs de tri élevés de la part de ces différents acteurs mais cela devrait augmenter.

Benne pour centre de tri sélectif : liners, feutre, filtres, cartouches, canalisations, toutes bâches piscines, seaux, bidons, lames volets et divers déchets

Finalement, nous avons moins de déchets à éliminer et nous maîtrisons techniquement nos coûts. Nous ne payons plus pour éliminer les gravats inertes de la benne de collecte en décharge mais les échangeons contre du sable.
Aujourd’hui, cette démarche est pour nous un argument commercial que nous présentons dans notre plaquette. Nous expliquons au client que, chez nous, tout est trié et valorisé. Le client y est très sensible et, parfois, c’est lui qui nous demande ce que nous faisons de nos déchets.

Quelles sont les conditions nécessaires pour bien recycler ?

Il faut de la place, c’est la principale condition. Chez nous l’espace dédié au tri des déchets doit représenter 30 m² en tout dont 20 m² pour deux bennes et le reste pour les casiers de récupération (carton, balle de film étirable et matériel DEEE : déchets d’équipements électriques et électroniques).
Quand on n’a pas suffisamment d’espace disponible, il est aussi possible de passer par un collecteur, qui s’occupe du tri à notre place. C’est une question d’analyse de coûts. Soit je fais moi-même le tri, soit je confie cette mission à quelqu’un d’autre, mais quel que soit mon choix, je sais que ma palette sera revalorisée.

Palettes à évacuer pour recyclage et réemploi

Un autre problème est qu’il faut disposer d’une filière de recyclage à proximité. Il n’existe pas non plus pour l’instant de solutions de valorisation pour tous les déchets comme pour les PVC usagés, souillés et dégradés par les produits de traitement d’eau qu’il n’est pas encore possible de réutiliser ou de recycler.
Et il faut s’informer sur l’éco-taxe et les filières de recyclage. Qui sait, par exemple, que le film étirable peut se valoriser à condition qu’il ne soit pas mélangé avec le carton ou le bois ?
Ce n’est peut-être pas grand-chose mais si tout le monde s’y met, nous devrions réduire l’empreinte écologique de notre activité. Le développement de ces filières de recyclage devrait en plus générer de nouveaux emplois.

Quel impact cela a-t-il eu sur votre organisation ?

Trier nos déchets est difficile, surtout quand on a pris l’habitude de tout mettre dans des bennes depuis des années. Plus tôt on s’y prend, plus on sensibilise et plus vite on développe les bons gestes. Chez nous, nous n’avons pas de responsable du recyclage mais chacun est responsabilisé sur la question et doit faire les efforts nécessaires. Il faut aussi trouver le juste milieu et recadrer avant que la prise de conscience se développe réellement.
C’est aussi une question d’organisation. Avant nous avions uniquement une benne pour les gravats et une multibenne pour les plastiques et les cartons. Aujourd’hui, nous avons aussi de grands sacs en plastique pour les films en balles, un casier (D3E) pour tout ce qui contient les déchets d’équipements électriques et électroniques (pompe, coffrets électriques, robots, PAC, etc.), une aire de stockage pour le bois et un espace pour le métal.
Nous traitons chaque question au fur et à mesure qu’elle se présente :
• Nous avons une vingtaine de tonnes de gravats à traiter par an. Ce sont principalement des matériaux durs comme du béton, des dalles, des margelles… que nous déposons en carrière. Nous essayons de trouver des collecteurs qui concassent ces gravats et s’en servent de sous-couches pour des routes par exemple. Nous en échangeons une autre partie, contre du sable, à des exploitants de carrières qui s’en servent pour les reboucher.
• Les coffres de transport des volets, devaient être démontés et découpés, ce qui pouvait nous prendre des heures. Nous préférons désormais les réexpédier, de temps en temps, chez le fabricant, qui nous livre, en retour, de nos nouveaux volets. Cela nous coûte moins cher que de les démanteler.
• Chaque jour, nos chantiers sont rangés et les déchets ramassés et triés. C’est une démarche très pragmatique qui nous permet de réduire les risques d’accidents du travail. Dans le Brevet Professionnel piscine, il y a d’ailleurs un module sur le tri des déchets, l’ordonnance et la propreté des chantiers.

Tri des gravois pour recyclage en concassage pour remblai en sous-couche de préparation de sol

Quelles autres solutions avez-vous trouvées ?

Nous avons substitué nos véhicules commerciaux par des modèles électriques. Nous n’avons pas encore identifié de solution pour les véhicules utilitaires mais cela devrait vite venir. Ils sont cependant tous aux normes Euro 6.
Nous avons remplacé nos bétonnières à moteur thermique par des bennes électriques. Les clients y sont sensibles parce qu’elles produisent moins de bruits, d’odeurs et de pollutions.
Ce n’est peut-être pas grand-chose, mais c’est un début.

Comment réduire l’empreinte écologique des piscines d’après-vous ?

Les clients sont plus sensibles au sujet aujourd’hui. L’acte d’achat d’une piscine est plus raisonné. Nous leur expliquons que la dimension et le volume du bassin ont un impact très important sur ses consommations. Nous les conseillons et leur proposons des solutions pour économiser de l’eau et de l’énergie, comme de mettre un volet ou une bâche sur le bassin.
Nous fournissons également à chaque client un carnet de suivi d’entretien FPP qui détaille tout ce qu’il doit faire. Il est difficile ensuite de savoir s’il respecte nos recommandations. S’il continue à chauffer l’eau de sa piscine sans la couvrir… cela nous échappe mais notre rôle de conseil et de professionnalisme a tout son sens.

www.piscines-bains.com

Interview avec Hervé Méry / Texte : Sébastien Carensac

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