Une piscine au-dessus des toits

Un village perché de Provence, une vue à couper le souffle sur la vallée, et une piscine
qui ne fonctionnait plus vraiment. Grégory Bay, gérant de Carré Bleu Manosque (04),
a tout repris de zéro, à la force des bras et des seaux ! Entretien. 

Propos recueillis par Fanny Pincanon – Photos : François Deladerrière

Avant rénovation
Après rénovation

Tout commence par un contrat d’entretien. Grégory prend en charge le suivi d’une piscine rénovée trois ans plus tôt, dans le pittoresque village de Banon (Alpes-de-Haute-Provence). Mais ça ne tourne pas rond. « Rien ne fonctionnait et j’ai fini par dire au client qu’il fallait tout refaire ». Le diagnostic est posé : le local technique est installé bien trop haut par rapport au bassin et provoque des désamorçages récurrents. La première rénovation avait mal étudié le problème. « Le client était frileux au départ. Et puis il a dit OK » explique le gérant.

Descendre le local, retrouver l’équilibre

La priorité était bien sûr de redescendre le local technique au niveau de la piscine. Un chantier dans le chantier, mais indispensable pour que l’installation fonctionne enfin correctement. Une fois cette contrainte résolue, tout le reste peut suivre. Nouvelles margelles, rehaussement du bassin, suppression du débordement mal dimensionné au profit de deux skimmers. Et une attention particulière portée aux détails du lieu, comme les fontaines nichées dans le renfoncement de la pierre, soigneusement conservées.

Une configuration pour le moins originale

Ce qui frappe d’emblée sur ce chantier, c’est la configuration des lieux. La piscine n’est pas dans le jardin mais en dessous. La maison est perchée au-dessus du bassin, elle-même accrochée au flanc du village, comme une hirondelle à son nid. Autour, les toits de tuiles s’étagent jusqu’à la vallée. 

C’est photogénique et provençal jusqu’au bout des margelles. Mais pour une équipe de pisciniers, ça change tout. Pas de terrain plat, pas d’espace de manœuvre, ni d’accès direct. Juste des ruelles étroites, des escaliers et une vue imprenable sur les problèmes logistiques à venir ! 

La vraie difficulté du chantier n’était pas technique. C’était l’accès. Dans ce village perché où les ruelles ne laissent passer ni camion ni engin, l’équipe a garé les véhicules trente mètres plus bas et a tout monté à la main. « Les matériaux, les équipements, jusqu’aux seaux de gravats redescendus un par un. On a tout porté à la main avec des seaux ! » raconte Gregory. Pas de raccourci ni de grue, juste du travail, de la méthode et un peu d’huile de coude. 

Mais quand on voit le résultat, on se dit que le jeu en valait la chandelle.

Minéral, épuré, élégant

Pour le rendu final, Grégory et l’équipe de Carré Bleu ont misé sur la sobriété. Galets de marbre blanc autour du bassin, nouvelle membrane armée, margelles en pierre du Luberon… tout concourt à un résultat minéral et épuré, parfaitement raccord avec l’environnement provençal. Le choix de la pierre du Luberon n’est pas anodin, elle dialogue naturellement avec les façades du village, comme si la piscine avait toujours été là. Et avec cette vue sur les toits et la vallée, le moindre détail compte.

Aujourd’hui, la piscine fonctionne très bien et le client est ravi. Le local technique est à la bonne hauteur, les fontaines murales chantent en chœur avec les cigales et les galets blancs brillent sous le soleil. 

En contrebas, les toits de tuiles du village s’étirent jusqu’à la vallée. Ce genre de chantier, on ne l’oublie pas.

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