« Cette année, l’innovation majeure est l’émergence des agents IA autonomes »
L’intelligence artificielle entre dans une nouvelle ère. Après les outils capables de générer du contenu, place aux agents autonomes capables d’agir, d’exécuter des tâches et de piloter des processus entiers. Velleyen Sawmy, expert en intelligence artificielle, décrypte ces mutations et livre les clés pour s’en emparer sans en subir les risques.

© Velleyen Sawmy
Quelles innovations en IA vont transformer le monde professionnel en 2026 ?
Cette année, l’innovation majeure est l’émergence des agents IA autonomes, comme OpenClaw, récemment acheté par OpenAI.
Pour les lecteurs qui utilisent déjà ChatGPT, vous savez que vous interagissez avec l’IA par message. OpenClaw va beaucoup plus loin : vous pouvez lui demander, par exemple, d’analyser tous vos dossiers, de trier vos factures, d’envoyer certaines informations directement à votre comptable, et de télécharger d’autres documents sur votre boîte mail. L’agent IA va ainsi accéder à votre ordinateur et réaliser toutes ces tâches.
La force de ce type de système, c’est son niveau d’autonomie. Nous parlons désormais d’agent IA, car il ne s’agit plus seulement de converser : vos instructions déclenchent des actions concrètes dans votre écosystème, que ce soient vos dossiers, vos emails ou d’autres systèmes.
Certains utilisateurs ont même donné des objectifs ambitieux à leur agent. Un exemple ? “Générer un maximum d’argent”.
Certains agents ont alors acheté des cryptomonnaies, en ont créé d’autres, ont trouvé des stratégies ou ont investi dans des formations.
Cela montre que nous entrons dans un nouveau paradigme d’innovation, mais cela pose aussi des risques : si l’agent IA est mal paramétré, il peut envoyer un email au mauvais destinataire ou exécuter une transaction bancaire par erreur. Cela soulève des questions de sécurité, de cybersécurité, de souveraineté et d’éthique.
Pouvez-vous donner deux exemples concrets où l’IA change la façon de travailler ou de vendre ?
Je citerais l’utilisation d’agents vocaux pour la réception des appels clients. Si un client appelle et que vous ne pouvez pas répondre, l’IA pose les bonnes questions pour qualifier le besoin : rénovation ou nouvelle piscine, type de matériel, budget…
Les informations recueillies vous sont ensuite transmises, ce qui vous permet de rappeler le client avec toutes les données nécessaires.
Un autre exemple se situe dans le SAV. L’IA peut générer des réponses prérédigées aux questions les plus fréquentes, retrouver automatiquement la fiche client et vérifier les stocks pour expédier la bonne pièce.
Lorsqu’une remontée est nécessaire, elle fournit déjà des informations consolidées pour accélérer la résolution du problème. Ces outils existent déjà et permettent d’améliorer le service client et la productivité.
Quels secteurs tirent le mieux parti de l’IA aujourd’hui ?
Il y a deux niveaux à considérer : les industries et les métiers.
• Du côté industriel, l’industrie militaire et la recherche scientifique exploitent fortement l’IA. Par exemple, la découverte d’un nouveau matériau conducteur pour les batteries au lithium solide aurait pris plus de 2 000 ans sans l’IA ; grâce à elle, la recherche a été accomplie en seulement un an ! Cela montre l’accélération des cycles de R&D.
• Du côté métier, les métiers du marketing, du commerce, de la distribution et de la logistique tirent le meilleur parti de l’IA. Ces fonctions peuvent mieux gérer les plannings, les stocks et les points de contact tout en optimisant leurs processus, ce qui transforme la façon de travailler et la relation avec les clients.
Quels conseils donneriez-vous à une entreprise qui veut se lancer dans l’IA sans se perdre ?
Pour se lancer efficacement, il est essentiel d’adopter une approche progressive et structurée.
Il convient d’abord d’identifier les problèmes avant de chercher des solutions, en repérant par exemple les goulots d’étranglement ou les tâches critiques qui ont un réel impact sur le business.
Ensuite, il est important d’investir dans les compétences internes en formant les collaborateurs afin qu’ils comprennent et maîtrisent les outils d’intelligence artificielle.
Plutôt que de se contenter d’automatiser les processus existants, il faut parfois repenser complètement certaines tâches pour les optimiser réellement.
Enfin, il est recommandé de prototyper et de mesurer les résultats en privilégiant des projets rapides, agiles et facilement évaluables, plutôt que de tenter une transformation globale dès le départ.